Soixante qualifiées représentant 44 états américains avaient rendez-vous à la Texas Tech University de Lubbock, le 25 juillet, pour participer à la plus prestigieuse compétition pour jeunes filles organisée aux États-Unis : le tournoi “Susan Polgar National Invita tional for Girls”.


Les bénévoles – que je voudrais citer, Dr. Hal Karlsson, Dr. Rich Rice, Peggy Flores, Dan DeLeon, Lilia Doibani, Jerry Perez, Lucia Barbato, Stefanie Ballom, Chase Watters, Dewain Barber, Paul Truong et David Grimaud – ont accueilli chacune des compétitrices et sa famille, avant de les conduire à leur logement sur le campus de l’université. La cérémonie d’ouverture, le lendemain, fut spectaculaire. Ce fut l’occasion pour tous les officiels de raconter quelques anecdotes – échiquéennes – et d’encourager chaleureusement les joueuses. On comptait notamment la présence du maire de Lubbock, Tom Martin, ainsi que celle de l’ancien ambassadeur des États-Unis, Tibor Nagy.


Un message positif



J’étais la dernière à intervenir, et j’ai essayé de faire de mon mieux pour délivrer un message inspiré à ces jeunes filles. Le Coeur de mon discours était qu’elles auraient certainement à faire face à des épreuves durant leur vie, et qu’elles devraient surmonter des écueils. Elles auront alors deux possibilités : soit écouter des conseils négatifs et les prendre comme excuses pour renoncer, soit s’en servir comme motivations supplémentaires pour travailler encore plus durement et réussir dans leurs actions ! Je leur ai donné en exemple ma propre expérience. Car c’est exactement ce que j’ai fait quand tant de gens considéraient encore que les femmes – et même les jeunes filles – ne devaient pas jouer aux échecs, et qu’elles n’atteindraient jamais un niveau comparable à celui des hommes. Juste après ce discours, toutes les participantes reçurent une médaille d’or commémorant cet événement. C’était un cadeau de l’un de nos nombreux sponsors. Il ne restait plus qu’à réunir tout ce joli monde pour faire une belle photo souvenir…



Yang Dai héroïque



Le directeur de cette 6e édition du « SPNI for Girls », Dan DeLeon, put alors annoncer les appariements de la 1re ronde. Le tournoi était lancé ! Après trois parties, seules trois joueuses avaient réussi à réaliser un score parfait, parmi lesquelles les deux favorites : Yang Dai (2002) de l’État de Virginie, et la tenante du titre Courtney Jamison du Texas. Samyukta Bhat de la Caroline du Nord complétait le trio de tête. Le lendemain, Dai et Jamison devaient s’affronter à la 1re table. Ce fut un duel très excitant car, alors que l’heure du dîner approchait et que toutes les autres parties étaient terminées, ces deux jeunes championnes combattaient encore ! C’était déjà la partie décisive, puisqu’il ne restait plus que deux rondes à jouer et que Bath, de son côté, venait d’annuler contre la Texane Julia Jones. Ce choc Dai-Jamison fut une partie sauvage, qui s’acheva en extrême zeitnot! La tenante du titre se défendit vaillamment, mais sa rivale de Virginie voulait absolument la détrôner. Ne vous découragez pas, et ne cédez jamais ! Toutes les deux auraient mérité la victoire, mais une seule allait s’imposer. Et au terme d’un combat exténuant, Courtney perdit cette finale dans laquelle elle était entrée avec une position légèrement inférieure. Ce choc fut admirable. Ce fut sans doute le plus beau de toute l’histoire de ce tournoi SPNI. Courtney lutta comme une championne, mais Yang était comme investie par une mission : lui ravir sa couronne!


Emily sur la voie royale



Une autre jeune fille accomplit un parcours magnifique : Emily Nguyen, qui venait de fêter ses sept ans quelques semaines avant le tournoi. Cette jeune débutante – tout juste classée à 862 – gagna notamment trois parties d’affilée en battant des adversaires classées à 1215, 1501 et 1659. Tu es sur le bon chemin, Emily ! Voici d’ailleurs comment elle démontra toute l’étendue de son jeune talent en matant Alexandra Wiener après une belle combinaison, lors de cette 4e ronde. En fait, Emily raisonna comme si elle avait eu à résoudre un problème.


La 6e et dernière ronde se joua le 31 juillet. Mathématiquement, huit joueuses pouvaient encore décrocher le titre. Seule en tête, Yang Dai pouvait se contenter d’une nulle, mais la Virginienne mit un point d’honneur à gagner cette partie. Ce bel engagement aurait pu, néanmoins, lui coûter la victoire finale. Elle affrontait Samyukta Bhat, qui se défendait ardemment. C’est finalement au mental que Yang fit la différence. Elle sortit victorieuse de ce dernier duel. Bravo à la nouvelle championne, qui n’est âgée que de 16 ans ! Elle se distingua encore en finissant 2e du « tournoi de problèmes », démontrant à nouveau sa belle capacité à résoudre des positions critiques. Ce tournoi annexe fut remporté par Epiphany Peters du Michigan, qui doubla la mise en gagnant le tournoi de blitz avec le score parfait de 5/5 ! Elle partagea également le 1er prix de 500 dollars (350 euros) décerné à la laureate de la 1re place au classement general dans la catégorie des moins de 14 ans.


Je voudrais encore remercier la Texas Tech University, le personnel de la Fondation Susan Polgar, ainsi qu’à l’U.S. Chess Trust, DGT America, le site ChessCafe.com, ainsi que tous nos sponsors qui ont permis la réussite de ce tournoi toujours très spécial. Sa dotation globale s’est élevée à près de 250 000 dollars (près de 175 000 euros), en y incluant le montant des bourses d’études récompensant les lauréates! Enfin, j’adresse un remerciement spécial à Tom Martin, Tibor Nagy, Dr. Jim Brink, et à tous nos bénévoles.


Abby 1re dans les Grandes Écoles



Voici maintenant une partie d’un autre événement américain de cet été 2009 : le championnat des Grandes Écoles sponsorisé par « World Chess Live », qui s’est déroulé du 1er au 4 août à Indianapolis. Cet open de six rondes a vu pour la pour la première fois la victoire d’une féminine: Abby Marshall (2181) qui s’est imposée avec 5,5/6. J’ai choisi d’analyser cette partie, car cette jeune joueuse de Virginie a remporté à deux reprises le « SPNI for Girls », en 2005 et 2006. Cette 4e ronde l’oppose à Patrick Tae, qui a fini 20e avec 3/6. Elle vous permettra de mieux juger de son talent. Je dois dire aussi que cette partie m’a rappelé les premiers pas dans la carrière des mes soeurs Judit et Sofia. Toutes deux avaient alors une prédilection pour le gambit du Roi. Je me souviens également des innombrables blitz que nous avions joués à la maison, dans ce style si romantique. C’est rafraîchissant de revoir de temps à autre cette ouverture au 21e siècle…



Source: www.europe-echecs.com

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